PIERRE QUILLARD


París-Francia, 1864 - Neuilly-sur-Seine, 1912


RUINES
À Maurice Nicolle.

L'illustre ville meurt à l'ombre de ses murs ; 
L'herbe victorieuse a reconquis la plaine ; 
Les chapiteaux brisés saignent de raisins mûrs.

Le barbare enroulé dans sa cape de laine 
Qui paît de l'aube au soir ses chevreaux outrageux, 
Foule sans frissonner l'orgueil du sol Hellène.

Ni le soleil oblique au flanc des monts neigeux, 
Ni l'aurore dorant les cimes embrumées 
Ne réveillent en lui la mémoire des dieux.

Ils dorment à jamais dans leurs urnes fermées, 
Et quand le buffle vil insulte insolemment 
La porte triomphale où passaient des armées,

Nul glaive de héros apparu ne défend 
Le porche dévasté par l'hiver et l'automne 
Dans le tragique deuil de son écroulement.

Le sombre lierre a clos la gueule de Gorgone.

RUINAS
A Maurice Nicolle.

La ilustre ciudad muere en la sombra de sus muros;
Grass victorioso recuperó la llanura
Capitales roto sangrar uvas maduras.

El bárbaro envuelto en su capa de lana
Eso rozar el amanecer hasta el anochecer a sus hijos indignante,
Multitud sin un estremecimiento de orgullo heleno suelo.

Ni el sol poniente en el lado de las montañas cubiertas de nieve,
Ni el amanecer brumoso dorar la parte superior
No despertar en él el recuerdo de los dioses.

Ellos duermen para siempre en sus cabezas cerradas,
Y cuando el insulto vil búfalo insolentemente
El arco triunfal que iban ejércitos,

Ningún héroe espada parecía no defender
El porche devastada por el otoño y el invierno
En la trágica pérdida de su colapso.

La hiedra oscura cerró la boca de la Gorgona.

POUR UNE ABSENTE

Je veux m'enfermer seul avec mon souvenir, 
Immobile, oublieux des rafales d'automne 
Qui font les frondaisons se rouiller et jaunir 
Et de la mer roulant sa plainte monotone ; 
Je veux m'enfermer seul avec mon souvenir.

Le demi-jour filtrant des étoffes tendues 
Sera doux et propice à mon coeur nonchalant, 
Quand je l'évoquerai du fond des étendues, 
Et sa voix emplira d'un hymne grave et lent 
Le demi-jour filtrant des étoffes tendues.

J'aurai la vision chère devant les yeux :
Le souffle parfumé de l'ineffable Absente 
Flottera pour moi seul dans l'air silencieux 
Subtil comme une odeur de fraise dans la sente ; 
J'aurai la vision chère devant les yeux.

Et je dirai tout bas ma tendresse latente ; 
Ô coeur lâche, tremblant et révolté, je veux 
Que ton intime amour se révèle et la tente :
Tu te résigneras à l'effroi des aveux 
Et je dirai tout bas ma tendresse latente.

PARA UN AUSENTE

Quiero encerrarme a solas con mis recuerdos,
Ráfagas inmóviles, olvidándose del otoño
que son las hojas y las royas amarillas
Y el mar rodando su llanto monótono;
Quiero encerrarme a solas con mis recuerdos.

La tela de media luz que se filtra tensa
Será suave y propicio a mi corazón indiferente
Cuando menciono la parte inferior de extendido
Y su voz llenará un canto grave y lento
La tela de media luz que se filtra tensa.

Tengo la visión querida en cuenta:
El aliento fragante del inefable Ausente
Flotando para mí en el aire silencioso
Sutil como un olor a fresa en la sensación;
Tengo la visión querida delante de los ojos.

Y voy a contar todo mi ternura latente bajo
Oh corazón cobarde, tembloroso y rebelde,
Cerca que tu amor se revela y la tienda
Usted résigneras las confesiones terroristas
Y diré toda mi ternura latente.

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