LORAND GASPAR


De Francia
Targu Mures-Rumania, 1925


CHOIX DE TEXTES


Reprise d'un cantique profane sur le thème de l'exil et de l'étranger

Non pas en exil.
Non pas étranger.
Solidaire des hommes et des bêtes
Solidaire des eaux, de la boue,
de la roche et des champs des forêts et forêts de constellations.

Graine de la grande tribu des sables et cailloux
de toute cellule vivante,
pétales de floraison dans le vent,
solidaire de la joie et de la douleur.

D’une patrie de pensée infinie
de toute connaissance limitée
clairières de notre pensée finie.

Solidaire d’une commune ignorance
de tous nos forages, explorations, recherches
de notre désir infini de comprendre —
de toute lumière et de promesse de lumière
qu’elle témoigne d’elle-même ou de la nuit,
de celle à certaines heures que respirent
au désert de Judée les pierres —

Solidaire d’une patrie de mouvement infini
des limites de nos ici et maintenant innombrables

Non, je ne suis pas en exil,
chez moi dans le jaillissement
dans la chute et dans l’usure
dans le diamant et la pacotille
chez moi dans la jubilation des eaux et des airs
et comment parler du mouvement sans bornes
sous les averses d’averses de photons
les vitesses de tant de rayonnements
dans la fraîcheur fragile du verger en fleur
rencontré ce matin de février sans nombre
dans l’éventail d’années et d’années de lumière —
je suis le marcheur qui respire l’ouvert
de tous ses poumons et dont le corps-cerveau
compose des images, musiques et langues,
je suis celui qui chante dans le chant
hors métrique et hors vocabulaire
les matins de toute vie et les soirs
et les nuits de solitude peuplées
de pensées qui s’envolent de leurs fenêtres
de tout ce qui se déplie, telles les eaux
que parcourt un battement d’aile dans la nuit
de l’eau solidaire de celui qui dort,
comme de celui qui écoute le poème au-dedans, au-dehors
*
J'ai seulement des choses très simples
le soleil s'est découpé peu à peu comme
ma mère découpait le pain
nous mettons la soupe sur la table
(ces choses au-dehors qui tombent lentement,
le jasmin, la neige, l'enfance)
goût de piments rouges et de dents heureuses
nos corps nous tiennent encore chaud quelque temps
dans l'âge avancé de la nuit.

Le quatrième état de la matière, Flammarion
*

Bonjour à toi qui viens de nuit.
Bonjour à toi démarche souveraine qui fends la pulpe du
soleil.
Bonjour à toi dans la poussière.
Tout ce jour à t'user, à l'user.
Aux os de ta fatigue.
Lorsque la lumière se voûte sur un puits -
Paix, les bruits se posent.
Ah, comme l'oreille se lisse!
Bonne nuit à toi qui viens de lumière, qui viens silence.
Comme une ultime paupière de couleur ou de son
Tu migres en profondeur, laissant le jour blafard sur la
table de l'embaumeur.

Sol absolu Gallimard
*
LANGUE NATALE

Les contraires qui sont battement au cœur du monde, la
parole les porte à déchirure.
Dans la dislocation que plus rien ne guérit, la ferveur d'une
langue dévore son avenir.
Fouet d'une phrase sans équivoque.
Ici s'est tenue la lumière d'un arbre, là s'est dissoute la venue
d'un pas.
Dans le buisson des cris le dieu se creuse de mutisme.
Quelque flamme que tu portes - si peu cette eau qui s'évapore.
Fraîche amertume du sel dans les plis de lumière.

Approche de la parole, Gallimard
*
le blé des corps dans la meule des ans
farines que mélangent les lois éternelles
pour d'autres pains et d'autres dents
la nuit tu tâtes soudain sans comprendre
la peur qui fouille au ventre des images
cherchant à clore sur soi le mouvement
et ces eaux nues de l'ardeur d'aller
encore et encore plus loin dans l'ouvert?
(et même et surtout quand la nuit se referme)

Patmos et autres poèmes, Gallimard

SELECCION DE TEXTOS

Reanudación de una canción profana sobre el tema del exilio y en el extranjero

No se encuentra en el exilio.
No en el extranjero.
La solidaridad de los hombres y las bestias
Solidaridad agua, barro,
los campos de rocas y bosques y constelaciones bosques.

La semilla de la gran tribu de arena y guijarros
de todas las células vivas,
pétalos de flores en el viento,
solidaridad de la alegría y el dolor.

En un país de pensamiento infinito
limitado conocimiento de cualquier
claros de nuestro pensamiento finito.

Unido a una ignorancia común
todo nuestro perforación, exploración, investigación
nuestro infinito deseo de entender -
toda la luz y la promesa de la luz
que se manifiesta o de noche,
de que en ciertos momentos que respiran
las piedras del desierto de Judea -

Unido a una casa de movimiento infinito
límites de nuestro aquí y ahora innumerables

No, yo no estoy en el exilio,
Inicio de la ráfaga
en el otoño y el desgaste
en el diamante y de la chatarra
casa en el júbilo de agua y aire
y ¿qué hay de lo ilimitado movimiento
en las duchas de lluvia de fotones
velocidades como la radiación
en el huerto de flor frágil fresco
se reunió esta mañana en febrero sin número
en el rango de años y años de luz -
Yo soy el caminante que respira abierto
de los pulmones y el cerebro-cuerpo
se compone de imágenes, música y lenguas,
Yo soy el que canta la canción
fuera métrica y de vocabulario
Por las mañanas y las tardes durante toda la vida
y noches de soledad poblada
pensamientos que vuelan sus ventanas
todo lo que se despliega como el agua
que atraviesa un ala artificial en la noche
agua adjunto a la cama,
como quien escucha el poema dentro, fuera
*

Yo las cosas simples
el sol se corta gradualmente a medida que
mi madre corta el pan
ponemos la sopa sobre la mesa
(Estas cosas fuera cayendo lentamente
jazmín, nieve, niños)
sabor de los pimientos rojos y dientes felices
nuestros cuerpos mantenernos calientes nuevo el tiempo
en la edad de la noche.

El cuarto estado de la materia, Flammarion
*

Hola a ustedes que vienen en la noche.
Hola te acercas al soberano pulpa cleave
dom
Hola a ti en el polvo.
Durante todo el día que lo utilice, el usuario.
Los huesos de su fatiga.
Cuando dosel luz en un pozo -
Sonidos Paz surgir.
Ah, el oído es suave!
Buenas noches a usted que sólo la luz, sólo silencio.
Como un color final o su párpado
Ha migrado día profundidad, dejando la WAN
mesa del embalsamador.

Gallimard absoluta suelo
*
LENGUA NATIVA

Los opuestos que son los latidos del corazón del mundo,
palabra de la puerta que se rompa.
La dislocación en que no cura nada, el fervor de un
lengua devora su futuro.
Una declaración inequívoca látigo.
A continuación se llevó a cabo a la luz de un árbol, está el advenimiento disuelto
un paso.
En los gritos arbusto amplía el dios del silencio.
Algunos llama que llevas - tan poca agua que se evapora.
Fresh amargura de la sal en los pliegues de la luz.

Enfoque de expresión, Gallimard
*
trigo en el cuerpo de la rueda de los años
harinas mezcla leyes eternas
para otros panes y los dientes de otros
Tates noche de repente sin entender
temor de que busca en las imágenes del vientre
tratando de cerrar en el propio movimiento
y las aguas desnudar el calor para ir
y más tarde al aire libre?
(Incluso y sobre todo cuando la noche se cierra)

Patmos y otros poemas, Gallimard

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