JEAN ORIZET



Marsella-Francia, 1937


ADIEU AU SIÉCLE


Héritier d’un siècle épuisé 
Je livre ici quelques images 
Qui me pèseront sur le cœur 
Pour le millénaire à venir
J’ai vu tout près de Bethléem 
De très jeunes Palestiniens 
se battre à coups de lance-pierres 
contre les fusils des soldats
Sur les trottoirs de Calcutta 
J’ai croisé des enfants sans mains 
Qui mendient par le seul regard 
Ils n’ont ni maison ni parents
Au Cambodge, en Afghanistan 
Encore et toujours des enfants 
Au pied broyé sur une mine 
Laissée par des soldats enfuis
En Afrique ils meurent de faim 
En Algérie on les égorge 
Partout ils sont martyrisés 
Les enfants de notre planète
Dans les bas-quartiers de Rio 
Le monde est pour chaque habitant 
Peur, saleté, misère et boue 
Voir cela est désespérant
Faut-il toujours aller si loin 
Chercher d’aussi tristes spectacles ? 
À Paris, Bruxelles ou Saint-Ouen 
J’assiste à la même débâcle
Je n’aime pas beaucoup l’odeur 
Du siècle moisi dont j’hérite 
Il sent la mort et la terreur 
Il est trop lent ou va trop vite
Enfant des années à venir 
Essaye d’être un peu plus sage 
Que nous ne l’étions avant toi 
Oublie la colère et la rage
Avec tous les ordinateurs 
Et leurs écrans bleus de contrôle 
Peut-être dénicheras-tu 
Des réponses à ces questions-là :
Pourquoi tant de sauvagerie 
Dans un monde aussi policé ? 
Pourquoi ces misères criantes 
Dans un monde aussi équipé ?
Héritier d’un siècle cruel 
Je vous lègue, enfants, mes révoltes : 
De simples mots sur du papier 
Mais ils sont ma seule récolte.

ADIÓS SIGLO

Heredero de un siglo agotado
Yo aquí algunas fotos
Me pesa en el corazón
Para el próximo milenio

Vi cerca de Belén
Muy jóvenes palestinos
ser golpeado con hondas
contra las armas de los soldados

En las calles de Calcuta
Conocí a los niños sin manos
Rogando la mirada
Ellos no tienen un hogar o parientes

Camboya, Afganistán
Una y otra vez los niños
Suelo al pie de una mina
Dejado por soldados huyeron

En África se mueren de hambre
En Argelia se sacrifican
En todas partes son martirizados
Los niños de nuestro planeta

En las favelas de Río
El mundo es para cada persona
El miedo, la suciedad, el barro y la miseria
Ver este no tiene remedio

¿Es siempre necesario ir tan lejos
Busca también muestra triste?
En París, Bruselas o Saint-Ouen-
Asisto a la debacle mismo

No me gusta el olor
Century molde que heredé
Huele a muerte y terror
Va demasiado lento o demasiado rápido

Niño en los próximos años
Trata de ser un poco más sabio
Estábamos antes
Olvídese de la ira y la rabia

Con todos los equipos
Pantallas azules y control
Tal vez usted dénicheras
Las respuestas a estas preguntas:

¿Por qué tan salvajemente
En un mundo tan civilizado?
¿Por qué estas miserias manifiestas
En un mundo tan dotado?

Heredero de un siglo cruel
Os dejo, hijos, mis rebeliones:
Sólo palabras sobre papel
Pero son mi cosecha.

L'EAU DORMANTE

L’eau dormante ne dort pas;
Elle rêve, j’en suis sûr,
Car son rêve,
Elle le murmure,
Doucement,
Pour ceux qui comprennent,
Ceux qui aiment
Son frissonnement.
Son rêve est bien apaisant;
Il lui donne un aspect tranquille
Immobile et changeant;
L’eau dormante sourit,
Elle est heureuse;
C’est l’eau rêveuse.

EL AGUA DURMIENTE

El agua estancada no está dormida;
Sueña, estoy seguro,
Debido a que su sueño
Ella susurró:
suavemente
Para los que entienden,
Los que aman
Su temblor.
Su sueño es calmante;
Él le da una tranquilidad
Inmóvil y cambiante;
Los remansos sonríe
Ella es feliz;
Este es el agua soñadora

Inédit. Le Cherche-Midi Éditeur. Publié avec l’aimable autorisation de l’éditeur.
La poésie engagée — Anthologie

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