GERMAIN NOUVEAU


Pourrièrres-Francia, 1851 - 1920


SONNET D'ETÉ


Nous habiterons un discret boudoir, 
Toujours saturé d'une odeur divine, 
Ne laissant entrer, comme on le devine, 
Qu'un jour faible et doux ressemblant au soir.

Une blonde frêle en mignon peignoir 
Tirera des sons d'une mandoline, 
Et les blancs rideaux tout en mousseline 
Seront réfléchis par un grand miroir.

Quand nous aurons faim, pour toute cuisine 
Nous grignoterons des fruits de la Chine, 
Et nous ne boirons que dans du vermeil ;

Pour nous endormir, ainsi que des chattes 
Nous nous étendrons sur de fraîches nattes ; 
Nous oublirons tout, - même le soleil !

LE BAISER (II)

Comme une ville qui s’allume 
Et que le vent vient d’embraser, 
Tout mon cœur brûle et se consume, 
J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser. 

Baiser de la bouche et des lèvres 
Où notre amour vient se poser, 
Plein de délices et de fièvres, 
Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser ! 

Baiser multiplié que l’homme 
Ne pourra jamais épuiser, 
Ô toi, que tout mon être nomme, 
J’ai soif, oui, j’ai soif d’un baiser. 

Fruit doux où la lèvre s’amuse, 
Beau fruit qui rit de s’écraser, 
Qu’il se donne ou qu’il se refuse, 
Je veux vivre pour ce baiser. 

Baiser d’amour qui règne et sonne 
Au cœur battant à se briser, 
Qu’il se refuse ou qu’il se donne, 
Je veux mourir de ce baiser. 

(Germain Nouveau, Valentines, 1887)

EL BESO (II)

Como luces de la ciudad
Y el viento justo en llamas,
Mi corazón arde y consume,
Tengo sed, ¡oh! Tengo sed de un beso.

El sabor de la boca y los labios
Cuando nuestro amor viene a descansar,
Lleno de alegría y fiebre,
¡Ah! Tengo sed, tengo sed de un beso!

Multiplicado besar a ese hombre
Nunca se puede agotar,
¡Oh tú, que todo mi ser llamado,
Tengo sed, sí, tengo sed de un beso.

Cuando el labio diversión fruta dulce,
Riendo fruta hermosa estrella,
Le da o se niega que,
Quiero vivir para el beso.

El beso de amor que reina y suena
El corazón que late de romper,
Él se niega o se da
Quiero morir de ese beso.

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